VISION

Ce document est le résultat d’un travail collectif du RAD – Réseau pour un Assainissement Durable.

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RésuméL’assainissement durable est intimement lié à la biosphère; ses objectifs sont la fertilité, la vie des sols et la recharge des nappes.

Aux concepts déjà mis en pratique dans l’assainissement, tels la maîtrise des risques sanitaires et des nuisances, l’AD ajoute et insiste sur l’importance de  :

  • la structure moléculaire dans laquelle les éléments sont retournés au sol,
  • la  reconnaissance du sol en tant que réacteur biologique,
  • la gestion efficiente des matières et de l’énergie,
  • le caractère local des actions (cycles courts).

La séparation à la source est un levier primordial des filières de l’AD.

Notre vision

L’assainissement durable (AD) est intimement lié à la terre.

Les matières premières de l’AD sont les eaux usées sortant de l’habitation ou des industries, les eaux de pluies et tous les résidus organiques biodégradables. La plupart de ces matières sont actuellement classées comme déchets, terme qui induit dans les mentalités et dans les faits leur élimination. L’AD les considère avant tout comme des ressources contribuant à la fertilité des sols, à l’équilibre de leurs propriétés biologiques, physiques et chimiques et à un retour à la biodiversité.

L’AD accompagne leur transformation de manière à ce que chaque stade soit profitable à la biosphère.

Les technologies de l’AD visent à un amendement qualitatif: ce ne sont pas tant les éléments (carbone, azote,phosphore, …) qui importent mais ces éléments dans une structure moléculaire.

La reconnaissance du sol en tant que réacteur biologique – donc en tant que milieu vivant, complexe et en transformation continue – fait partie des paradigmes de l’AD.Nous intégrons comme fondement de l’AD le respect de l’eau et de son cycle : son utilisation sensée, l’adaptation de sa qualité aux usages et son retour dans les nappes phréatiques.  Le cadre de l’AD est aussi celui de la maîtrise des risques sanitaires et des nuisances olfactives et visuelles; celui de l’économie de ressources non renouvelables, de la frugalité énergétique, de la simplicité, de la facilité d’usage et du local.

L’AD se construit sur l’intelligence et l’ingénierie écologique, il met à profit des processus biologiques de transformation, développant des chaînes trophiques les plus complètes possibles. Il s’agit d’une voie dont la maîtrise repose sur l’observation des phénomènes à l’œuvre dans la nature.  Les leviers de l’assainissement durable sont multiples :

  • La maîtrise de la pollution au niveau de l’habitation. Les produits utilisés et rejetés avec les effluents doivent tendre vers une biodégradabilité complète et une toxicité minimum (micropolluants).
  • A l’instar de ce qui se fait déjà avec les déchets solides, la collecte et le traitement séparés des eaux/matières ayant des caractéristiques physico-chimiques et biologiques différentes, plus particulièrement eaux grises/eaux noires ; également appelées eaux-vannes.
  • L’économie d’eau de manière générale.
  • L’utilisation de l’eau de pluie et l’adaptation de la qualité des eaux aux usages. Cinq litres d’eau rigoureusement potable suffisent par jour et par personne.
  • L’économie d’énergie de manière générale.
  • La récupération de l’énergie des matières premières et de celle dégagée lors leurs transformations lorsque cela ne nuit pas aux processus à l’œuvre et à la qualité des produits.
  • De préférence l’utilisation de sources énergétiques renouvelables (énergie solaire, éolienne, hydraulique …)
  • La substitution des matières issues de l’AD (compost, eau contenant des éléments) aux engrais chimiques de synthèse.
  • La conception de filières durables selon l’approche système, inspirée desprincipes de la permaculture.
  • L’acceptation psychologique et sociale de la vision.

L’assainissement durable implique un changement de vision et de paradigmes.

Il s’agit d’une démarche dynamique et collaborative qui entraîne une évolution progressive des habitudes et des techniques de traitement de nos effluents.

L’AD n’a pas d’exclusive dans les techniques pour autant qu’elles tendent vers cette vision. Nous en proposons quelques exemples en annexe.

 

En synthèse, l’assainissement durable est intimement lié à la biosphère ; ses objectifs sont la fertilité, la vie des sols et la recharge des nappes. Aux concepts déjà mis en pratique dans l’assainissement, tels la maîtrise des risques sanitaires et des nuisances, l’AD ajoute et insiste sur l’importance de la structure moléculaire dans laquelle les éléments sont retournés au sol, la reconnaissance du sol en tant que réacteur biologique, la gestion efficiente des matières et de l’énergie, et et le caractère local des actions (cycles courts). La séparation à la source est un levier primordial des filières de l’AD.

Assainissement durable, aspects techniques

(Ces techniques sont citées à titre d’exemples)

  • Mise en place progressive de réseaux de collecte séparés pour les eaux grises et les eaux-vannes. Les eaux grises pourront être valorisées directement au niveau de la parcelle de l’habitation ou collectées avec les eaux de ruissellement (par exemple dans les égouts déjà installés), en vue d’un traitement adapté.
  • L’infiltration des eaux grises, très peu chargées en azote et phosphore. Les eaux grises constituent une ressource potentielle pour l’irrigation et la recharge des nappes phréatiques. Elles sont épandues directement sur le sol (Réf FNDAE, n°22, Filières d’épuration adaptées aux petites collectivités) ou subissent un traitement approprié en vue de leur usage et destination ultérieurs.
  • Valorisation des eaux-vannes concentrées par imprégnation de matériaux cellulosiques d’origine végétale en vue d’un compostage (importance des structures moléculaires et des éléments). Le compostage peut être réalisé en site propre (Réf-Trecofim) ou en mulching. C’est une technologie reconnue d’élimination des pathogènes et des micropolluants organiques (médicaments entre autres).
  • Utilisation de bois raméal fragmenté (BRF) en épandage avec des urines et/ou divers lixiviats.
  • Utilisation dans l’habitation des toilettes à compost et de toilettes à très faible flux d’eau.
  • En zones rurales et périurbaines, la généralisation de la valorisation de la fraction fermentescible des ordures ménagères (40% de la masse de ces déchets) par compostage collectif ou dans les jardins. Ce système peut également traiter les effluents des toilettes sèches.
  • Récupération par échangeur thermique des calories des eaux chaudes de l’habitation et de la chaleur dégagée lors du compostage.

Utilisation de l’aération naturelle, notamment dans le traitement des eaux grises en vue de leur utilisation ; l’aération naturelle et l’effet purificateur de lalumière du jour peuvent y jouer un rôle important.